Sign in / Join

Lolita Tergémina : « J’aime être surprise »

Comédienne et directrice de la compagnie Sakidi à Saint-Denis, Lolita Tergemina a bien voulu nous ouvrir les portes de son frigo. Afin de mesurer si sa culture théâtrale rime avec gastronomie. Lolita est une touche à tout, aime que cela bouge dans la vie. Elle n’est pas du genre à procrastiner, : « J’aime être surprise ».

Grenadine : Dans ton frigo, on a plus de chances de trouver des yahourts bio ou le cari que t’a préparé ta mère la veille ?

Lolita Tergémina : On y trouve plus de légumes et des fruits et un restant de cari préparé par ma famille. Mais aussi du kinoa (céréales sud-américaines) très riche en protéines. J’adore cela, et c’est un bon apport en fer et sels minéraux. C’est de fait bien moins calorique que le riz. Sinon, on ne trouve plus dans mon frigo de yahourts, j’ai arrêté les laitages, peu de viandes, du poulet de temps en temps, et beaucoup de poissons. En boisson, des jus de fruits bio, pas trop sucré, sinon des fruits.

Grenadine : Pour toi, la mal bouffe, c’est le mal du siècle ?

Lolita Tergémina : On mange mal, aussi je fais attention à ce que j’achète. On est amené à consommer toujours plus, mais on peut faire le choix de ne pas se poser en victime de la pub. L’obésité nous guette à la Réunion. C’est une question d’éducation. Les parents doivent inculquer à leurs enfants le goût des choses.

Grenadine : Quand tu reçois tu es plutôt du genre à te mettre en quatre, à passer la journée en cuisine, ou plutôt à faire appel à un traiteur ?

Lolita Tergémina : Je me mets en quatre. Je suis une spécialiste des caris à base de poissons. Je marie bien les épices, c’est mon secret : gingembre, ail, poivre vert, sel, thym, safran, et petite touche finale, une goutte d’huile essentielle de combava. Mais cchhuuuttt. Ne le répétez pas.

Grenadine : Quand tu n’as pas envie de cuisiner, c’est barquette chez le Chinois ou barre chocolatée ?

Lolita Tergémina : Plutôt barquette chez le Chinois, mais c’est rare. Ça se termine souvent avec un bout de pain et du beurre Sovaco. Toute mon enfance. J’en achète toujours.

Grenadine : Es-tu du style à te faire cuire un œuf sur le plat ?

Lolita Tergémina : Oui tout à fait. Je suis tellement speed, je me fais deux œufs sur le plat avec un peu de riz et un peu de piment la pâte. Rapide.

Grenadine : Au resto, tu prends les devants, où tu te laisses guider par la personne qui t’invite ?

Lolita Tergémina : Je vais très rarement au resto. Le Côté Seine et le Gadiamb ont ma préférence. J’aime quand il y a une certaine touche d’originalité à la fois dans la cuisine et le lieu.

Grenadine : Tu payes l’addition ?

Lolita Tergémina : Oui, cela m’arrive. Je n’ai pas de souci particulier avec les rapports d’égalité homme et femme.

Grenadine : Le vin pour toi, c’est du jus de raisin fermenté ou le nectar des dieux ?

Lolita Tergémina : Le nectar des dieux. Je sais faire la différence avec de la piquette. En rouge, j’apprécie certains Côtières de Nîmes et surtout le Côte-Rôtie (Côte du Rhône à base de Syrah).

Grenadine : Dans ta cuisine, trouve t-on des livres de recettes ? Regardes-tu des émissions culinaires ?

Lolita Tergémina : Sans aller jusque-là, effectivement j’ai plusieurs livres et je regarde certaines émissions. Quand elles sont bien faites. J’ai surtout un Thermomix. Cela a changé ma vie, cela me donne l’impression d’être une bonne cuisinière.

Grenadine : Tu pars vivre en Angleterre, pays du rosbeef à la confiture et à la gelée de menthe. C’est un drame pour toi où l’occasion de découvrir de nouvelles saveurs ?

Lolita Tergémina : Loin d’être un drame, je prends les nouvelles expériences comme elles viennent. Gastronomiques aussi.

Grenadine : Tu fais tes courses au marché, chez l’épicier du coin, chez le boucher du quartier ou tout dans un hyper ?

Lolita Tergémina : Le mercredi ou le dimanche matin, je vais au marché du Chaudron. Pour le poisson, je vais chez mon poissonnier de La Bretagne. Il est frais du jour. Sinon, je vais de moins en moins dans les hypers.

Grenadine : La vie est-elle chère à la Réunion ?

Lolita Tergémina : Oui, sans hésiter. Et l’Euro n’a pas arrangé les choses, bien au contraire.

Questionnaire de Proust

  • Salé ou sucré ? Salé, je suis plus apéro que dessert.
  • Piment ou bonbon coco ? Piment. Sans nul doute. Mon rougail tomate agrémenté d’un peu de combava est à tomber. Avec un petit bout de morue frite…
  • Sushi ou Mac Do ? Sushi sans hésiter.
  • Huile d’olive ou d’arachide ? D’olive. Mais aussi l’huile de noix de macadamia, fruit d’origine australienne.

Les dates de Lolita Tergémina

– Née le 20 mai 1978 à Saint-André.
– Septembre 2000 : admise à l’ENSATT (Ecole Nationale Supérieure des arts et des Techniques du Théâtre) à Lyon.
– Juin 2005 : création de la compagnie Sakidi.
– Octobre 2006 : joue avec la compagnie Sakidi la pièce « Le songe d’une nuit d’été » pour 5 représentations. Reprises en 2007 en mars et avril.
– Novembre 2006 : interprète dans les « Mariés de l’Isle Bourbon », le rôle d’une mariée malgache.
– 2007 : Naissance de sa fille Aline le 16 juillet
– 2011 : Création et mise en scène de deux pièces d’Anton Tchekhov en créole « Malsoufran » et « In domann pou marié ».
– 2018 : Blaké, court métrage de Vincent Fontano, sélection aux Césars de 2021.
– 2019 : Création, traduction et mise en scène et comédienne dans « les Jeux de l’amour et du hasard » de Marivaux en créole.

Interview et photo : Pierre Marchal

Laisser un commentaire